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LA CHARITE DE SAINT-HYMER
CATHERINE BOULOT
Conservateur du patrimoine au Service régional de l'inventaire général de Basse-Normandie
Les confréries de charités sont des associations pieuses de laïcs qui se sont constituées, dès le Moyen Age, pour enterrer les morts et prier pour le salut de leur âme. Largement développées en pays d'Auge, nombre d'entr elles toutefois se sont éteintes au cours de ce siècle.
A Saint-Hymer, ancien prieuré bénédictin situé à quelques kilomètres de Pont-L'Evêque et célèbre pour avoir été au XVIIIe siècle un haut lieu du jansénisme normand, la charité est encore bien vivante aujourd'hui, alors que l'église, depuis la récente réforme des paroisses, vient de perdre son dernier curé.
Afin d'affirmer leur identité, et souvent leur richesse, par rapport à l'Eglise et aux confréries des villages voisins, les charités ont attaché beaucoup d'importance à l'acquisition d'objets et d'ornements accompagnant leurs rituels. Fondée en 1539, celle de Saint-Hymer a conservé une grande partie de son mobilier ancien : dans le choeur de l'église, les seize torchères des frères de charité, en bois sculpté et peint, datent du XVIIIe siècle. Deux d'entre elles, ornées de têtes de mort, étaient portées lors des enterrements, deux autres signalent par leur font peint en bleu ou en rouge qu'elles sont réservées au prévôt et à l'échevin, les deux principaux dignitaires de la confrérie.
L'église garde en outre plusieurs séries de chaperons, sortes d'étoles que les frères portent lors des cérémonies et des processions. Parmi les motifs brodés sur ces chaperons, on identifie les saints Hymer, Blaise, Gorgon, Sébastien et la Vierge, patrons protecteurs de la charité. Une croix de procession, une bannière, des tintenelles et un plat de quête complètent ce considérable ensemble mobilier, témoignage précieux de la spiritualité et de l'artisanat augerons. |